Vertol H21 dit "Banane"
H-21C n° FR01/AA du GH n° 2 en 1956, avec sa première livrée alu (photo Jean de LAPERSONNE).
Conception du Vertol H21
Conçu par l’ingénieur américain Frank Piasecki au début des années 1950, le H-21 se distingue par son architecture à rotors en tandem. Cette conception unique permettait de s’affranchir du rotor de queue et d’offrir une vaste cabine centrale. Intégré à l’ALAT dès 1955, il a été le premier véritable hélicoptère de transport lourd de l’armée française. Sa puissance et sa capacité à opérer en haute altitude en ont fait l’outil indispensable des opérations en zones montagneuses, notamment durant la guerre d’Algérie où il pouvait transporter jusqu’à 20 soldats équipés.
Pour aller plus loin :
Inconvénients du Vertol H21
Bien que révolutionnaire par sa capacité d’emport, le Vertol H-21 a révélé des faiblesses structurelles et opérationnelles majeures sous le climat exigeant de l’Algérie. Son principal ennemi était la chaleur : au-delà de 30°C, ses moteurs perdaient une puissance considérable, obligeant les équipages à réduire drastiquement la charge utile ou le nombre de soldats transportés pour pouvoir décoller en sécurité.
Sur le plan technique, sa maintenance était un défi permanent. Sa transmission complexe et ses deux rotors synchronisés supportaient mal le sable et la poussière, qui provoquaient une usure prématurée des pièces mécaniques. Enfin, sa silhouette imposante et sa faible vitesse ascensionnelle en faisaient une cible vulnérable face aux tirs d’armes légères du FLN lors des phases d’approche, ce qui a conduit l’ALAT à privilégier par la suite des appareils plus agiles et dotés de turbines, comme l’Alouette III.
Pour plus d’informations :
Plus qu'un hélicoptère de combat ...
Au-delà du combat, la « Banane » fut un acteur humanitaire de premier plan. Sa capacité d’emport exceptionnelle a permis des secours massifs, comme lors des inondations de Valence en 1957, où les équipages de l’ALAT ont sauvé des centaines de civils et ravitaillé la ville sinistrée. En Algérie, sa robustesse a transfiguré l’aide aux populations isolées, permettant d’évacuer jusqu’à 12 blessés simultanément lors de missions de secours médical d’urgence (AMG), là où d’autres appareils auraient dû multiplier les rotations.
Pour mieux visualiser :
Son surnom de "Banane"
Son surnom de « Banane volante » n’est pas seulement dû à sa couleur jaune (souvent portée par les versions de sauvetage américaines). Il vient surtout de la forme incurvée de son fuselage. Cette courbure n’est pas esthétique : elle a été conçue pour éviter que les deux grands rotors ne s’entrechoquent. En relevant la partie arrière, les ingénieurs ont permis aux pales de passer l’une au-dessus de l’autre sans risque, donnant à l’appareil ce profil « fruitier » si reconnaissable qui a marqué l’imaginaire des soldats de l’ALAT.
Pour plus d’histoires et d’anecdotes, le livre « La Véritable histoire de la Banane » d’ Yves LE BEC pourrait vous intéresser, voici son dossier de presse :
