SA 321 Super-Frelon

super-frelon J SA 321
Super-Frelon J SA 321 (Photo aviation magazine, 1970).

Développé par Sud-Aviation, le SA.321 Super Frelon est, à son entrée en service en 1966, le plus grand et le plus lourd hélicoptère produit en Europe occidentale.

Il trouve ses origines dans le programme SE.3200 Frelon de la SNCASE,  qui vole pour la première fois le 10 juin 1959 en réponse à une demande des forces armées françaises pour un hélicoptère de transport (blessés, matériel, troupes…), de sauvetage, de lutte anti-sous-marine, de dragage de mines et de secours en mer. Après construction et présentation de deux prototypes, il est finalement décidé de ne pas le produire en série car son poids, trop élevé, ne correspondait pas aux spécifications attendues de l’époque.

Les enseignements et erreurs faites sur cet appareil permettent alors d’ouvrir la voie au Super Frelon, hélicoptère qui ne sera finalement employé en France que par la Marine nationale.

Hélicoptère lourd à cellule métallique, le Super Frelon est doté d’un rotor principal à six pales et d’un rotor anticouple à cinq pales. Propulsé par trois turbines Turboméca Turmo développant chacune plus de 1 500 ch, il peut atteindre une masse maximale de 13 tonnes. Son vaste compartiment de transport lui permet d’embarquer jusqu’à 27 passagers, 15 civières ou près de 4,5 tonnes de charge sous élingue. Sa coque étanche, associée à des flotteurs latéraux, lui autorise l’amerrissage, une caractéristique particulièrement adaptée aux missions menées au profit de la Marine nationale.

La Marine utilise au total 28 exemplaires de cet aéronef, dont une grande majorité sert au sein des flottilles : 27S de Hyères Le Palyvestre, qui a pour mission principale la recherche et sauvetage en mer ; 32F à Lanvéoc-Poulmic et 33F à Saint-Mandrier, dont la mission principale est la surveillance maritime, la lutte anti-sous-marine et anti-navires ; 35F à Saint-Mandrier, spécialisée dans la guerre électronique ; et 20S à Fréjus-Saint-Raphaël, ayant pour mission la formation des pilotes d’hélicoptères.

La course aux records

Du fait de ses capacités exceptionnelles pour l’époque, Sud-Aviation se lance dans la course aux records. L’appareil est est alors préparé avec l’aide de Marcel Riffard,  dessinateur des fameux avions de course Caudron, qui allège l’appareil au maximum et l’affine : têtes de rivets recouvertes d’adhésif, poignées de portes démontées, hublots bombés remplacés par des hublots plats, décrochement arrière effacé sous un carénage, train d’atterrissage remplacé par des patins non amortis, moyeu rotor principal équipé d’un carénage hémisphérique… La chasse aux records peut alors commencer !

Le 19 juillet 1963, le record sur base de 3 km à moins de 100 m d’altitude est porté à 341,23 km/h (> 183 nœuds), au-dessus de la base d’Istres. Le 23 juillet 1963, le record sur base de 15 à 25 km est porté à 350,47 km/h (> 189 nœuds). Le même jour, le record sur 100 km en circuit fermé à 1 000 m d’altitude tombe également, à 334,28 km/h (> 180 nœuds).

En France, le Super Frelon s’illustre dans des opérations de sauvetage en mer, comptabilisant en tout près de 4 000 heures de vol dédiés à ces opérations, 2 150 personnes secourues, et causant par la même occasion la perte de 10 appareils.

Parmi ces opérations, on retrouve notamment les naufrages des pétroliers Amoco Cadiz (mars 1978), Tanio (mars 1980) et Erika (décembre 1999). Ce dernier, affreté par la société Total, fait naufrage le 12 décembre 1999 au large de la Bretagne lors d’un d’un transport de 37 000 t de fuel lourd en provenance de Dunkerque et à destination de Livourne (Italie). Un Super-Frelon est alors dépêché sur place et permet dans un premier temps de sauver l’équipage du pétrolier (26 personnes), dont la coque s’est cassée en deux sous l’effet de la houle et du vent. Par son action, il permet ensuite au remorqueur Abeille Flandre de passer une remorque sur l’arrière du navire qui dérive vers la côte bretonne avec encore 20 000 t de fuel à bord.

Ainsi remorquée, la partie arrière de l’Erika coulera plus au large, ce qui limitera la marée noire qui souillera cependant les côtes de Bretagne et de Vendée de façon catastrophique : plus de 400 km de côtes souillées, le nombre d’oiseaux morts estimé entre 150 et 300 000, un poids des déchet estimé à 250 000 tonnes et un coût avoisinant le milliard d’euros.

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