SO Djinn

DJINN FC 10/YB en vol (photo Jacques ZANGHI).

À la fin des années 1940, la SNCASO (Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Ouest) entreprend le développement d’un hélicoptère léger destiné aux missions d’observation de l’armée française. Conçu par l’ingénieur Paul Morain, le Djinn est l’aboutissement des recherches françaises menées après-guerre sur la propulsion des voilures tournantes. Son premier prototype, le SO-1220, effectue son vol inaugural le 2 janvier 1953 à Villacoublay, piloté par Jean Dabos. Dès cette première génération, l’appareil se distingue alors par une conception totalement différente.

En effet, alors que les hélicoptères transmettaient jusqu’alors la puissance du moteur au rotor principal par l’intermédiaire d’une boîte de transmission, le Djinn utilise un procédé original : une turbine Turbomeca Palouste alimente un compresseur qui envoie de l’air comprimé jusqu’à des buses situées à l’extrémité des pales. La réaction produite par l’éjection de cet air met alors directement le rotor en rotation. Ce système supprime ainsi naturellement l’effet de couple et rend inutile le rotor de queue, remplacé par une dérive mobile soufflée par les gaz d’échappement. 

Entré en service au sein de l’Aviation légère de l’Armée de Terre (ALAT) en 1956, il est principalement utilisé durant la guerre d’Algérie pour des missions d’observation, de liaison, d’instruction et d’évacuation sanitaire. Léger, rustique et particulièrement maniable, il démontre également d’excellentes qualités en montagne, comme en témoigne son record mondial d’altitude établi en 1953, avec 4 789 mètres. Plus d’une centaine d’exemplaires serviront sous les couleurs de l’ALAT avant d’être progressivement remplacés par l’Alouette II à la fin des années 1960, faisant du Djinn le seul hélicoptère à réaction par air comprimé construit en série encore aujourd’hui.