ALOUETTE II

ALOUETTE II SE3130 transportant des autorités au départ de la base de Sétif (photo X, collection Marc BONAS).
ALOUETTE II SE3130 transportant des autorités au départ de la base de Sétif (photo X, collection Marc BONAS).

L’introduction de l’Alouette II au sein de l’armée française dans les années 1950 marque une révolution technologique majeure dictée par l’urgence de la Guerre d’Algérie. Alors que les modèles américains à pistons manquaient de puissance en altitude et sous de fortes chaleurs, la France fait le pari de la SNCASE et de son nouveau moteur, l’Artouste II de Turbomeca, faisant de l’Alouette II le premier hélicoptère au monde propulsé par une turbine à gaz de série. Sa légèreté et sa fiabilité exceptionnelle l’ont rendue indispensable pour les évacuations sanitaires en terrain escarpé, l’observation grâce à sa célèbre bulle vitrée, et même l’appui-feu avec les premiers missiles antichars SS.11.

 

Adoptée massivement par l’ALAT (220 exemplaires), la Marine et l’Armée de l’Air pour sa polyvalence, elle n’a quitté le service qu’en 2010. Pour la petite anecdote, le pilote Jean Boulet a prouvé l’incroyable supériorité de cette machine dès 1955 en battant le record du monde d’altitude, atteignant 8 209 mètres.

Le musée accueille aujourd’hui trois exemplaires de cet emblème de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre. Vous trouverez en effet deux modèles SE 313B, appareil issu du modèle de base (SE 3130), dont la turbine a été renforcée (Artouste IIC6), et un modèle SA 3180, évolution du SE 3130, dont la turbine Artouste a été remplacé par le nouveau modèle Astazou IIA (à la consommation spécifique inférieure) et dont l’embrayage a été modifié (embrayage centrifuge).

Le premier SE 313B est présenté dans une version servant à l’apprentissage du pilotages des élèves à Dax. Il se démarque par son marquage visuel orange vif présent sur l’appareil, ce dernier ayant pour objectif d’augmenter la visibilité en vol et ainsi de réduire le risque de collision. Cet appareil a en effet servi à l’écolage au sein de l’ES.ALAT de Dax, du 31 juin 1957 à août 1997.

Le second est un appareil ayant servi au sein Marine Nationale. En service de 1955 à 1997 au sein de l’aéronavale, l’Alouette II a ouvert la voie à l’utilisation systématique des hélicoptères embarqués dans la Marine nationale française, remplissant des missions de transport, de communications et de sauvetage en mer. Cette version est caractérisé par la présence de roues (à la place des patins), mieux adaptées aux appontages.

Le modèle SA 3180, est quant à lui présenté ici dans sa version anti-char (équipée de missiles filoguidés SS11). Machine à la fois plus sobre et plus puissante, ce nouveau modèle a en effet permis de mettre sur pied les premières unités ayant un réelle capacité antichar et de pouvoir réenvisager le déploiement à l’étranger (Djibouti en 1972 et au Liban en 1978).